Colloque L’Education nouvelle au service d’une nation à réformer : entre espoirs et réalités (1930-1970)

A – Circonstances et objectifs du colloque

Ce colloque est le fruit d’un partenariat entre des historiens et des établissements de conservation d’archives (le Pôle de conservation des archives des mouvements de jeunesse et d’éducation populaire (PAJEP) et le Musée de la Résistance nationale de Champigny-sur-Marne.

Le colloque s’est déroulé sur deux jours, répondant aux orientations thématiques suivantes :
1- le socle théorique de l’Éducation nouvelle.
2- le moment de la Libération, creuset d’une société nouvelle.
3-l’Éducation nouvelle, une résistible ascension ?
4-les liaisons avec l’éducation populaire.

B – l’ANEN participe

L’ANEN a été contactée par les organisateurs pour participer au colloque. Ces rencontres étant, pour différentes raisons, une opportunité pour l’association, nous avons décidé au CA de Février 2010 de présenter une communication sur la création, après guerre, des écoles de l’ANEN. Ce projet répondait ainsi à la deuxième thématique, citée ci-dessus : « Le moment de la Libération, creuset d’une société nouvelle ? »

Un groupe de volontaires s’est formé rassemblant enseignants et parents, actuels et anciens, de tous nos écoles d’Ile de France et de province. Les données pour reconstruire « nos » histoires ont été collectées dans des archives (entre autres celles conservées à l’école d’Antony) et auprès des différentes personnes que nous avons interviewé. Notre travail a donné lieu à une communication orale lors du colloque. Toutes les conférences du colloque seront diffusées sous forme d’un document écrit courant 2011. Nous ne manquerons pas de vous communiquer les références sur le site.

Une dynamique certaine a été créée lors du travail autour de l’histoire de nos écoles mais aussi lors de la participation au colloque. Nous n’avons donc pas l’intention de nous arrêter là . Nous avons en effet le projet de poursuivre et de diffuser l’histoire des écoles, sous une forme qu’il reste à déterminer. Si des personnes sont intéressées par ce projet, faites le nous savoir, elles seront les bienvenues !

C-Autres informations

Le PAJEP a pour objectif la conservation des archives au sein des Archives départementales du Val-de-Marne au terme d’un partenariat entre les ministères de la Culture et de la communication, de la Santé, de la Jeunesse, des sports et de la vie associative, le Conseil général du Val-de-Marne et l’association des déposants des archives des mouvements de jeunesse et d’éducation populaire (ADAJEP).

Le Musée de la Résistance nationale est une fédération d’associations oeuvrant à la collecte, la conservation et la valorisation de fonds d’archives et de collections d’objets permettant de retracer l’histoire des mouvements de résistance et, de par les acteurs de ces mouvements et leur rôle dans la vie publique, d’une période large commençant dans les années 1930 et se terminant dans les années 1950. Dans le cadre de ce colloque, le Musée de la Résistance nationale travaille en collaboration avec le Mémorial Leclerc/Musée Jean Moulin et le Musée de l’Ordre de la Libération.

Ce partenariat a pour objet l’histoire du mouvement de l’Éducation nouvelle à la convergence de l’histoire de l’éducation et de l’histoire politique et sociale. La période prend en compte aussi bien celle du Front populaire suivie de la Seconde Guerre mondiale et de la Résistance, que celle de la IVème et de la Vème Républiques.

Dates : 25 et 26 novembre 2010. Lieu : Hôtel du département de Val de Marne, Créteil Hôtel-de-Ville, Paris

Adresse du site du colloque pour consulter le programme détaillé de ces trois jours. http://www.archives94.fr/pajep/initiativesPajep

Archives de l’école Nouvelle d’ANTONY, rassemblant des archives sur l’Éducation Nouvelle et des livres pour enfants répertoriés sous le titre « la Bibliothèque de Nina » . Ce document édité par l’ANEN est en consultation libre.

D-Les communications présentées au nom de l’ANEN

1- Communication présentée par F. Serina-Karsky, parent et doctorante en Sciences de l’éducation, sur le thème : « Le moment de la Libération, creuset d’une société nouvelle ? » (20 minutes) développé dans l’atelier N°2 présidé par Laura Lee Downs

Lire dans la rubrique Éducation nouvelle

2-Communication sur « Le point de vue des associations d’Éducation Nouvelle et d’Éducation Populaire « (10 minutes) Table ronde présidée par Francine Best. Les 8 associations participantes : L’Association Montessori de France (Françoise Bonnin), Les CEMEA ( Jean-François Magnin), le CRAP (Patrice Bride), la FOEVEN (Isabelle Gone), le GFEN (Odette Bassis), l’ICEM-Pédagogie freinet (Catherine Chabrun), le LIEN (Etiennette Vellas) L’ ANEN était représentée par Catherine Dubois, ancien parent, membre du CA de l’ANEN.

Lire ci dessous.

Le point de vue des associations d’Éducation Nouvelle et d’Éducation Populaire

Communication présentée par Catherine Dubois

Je remercie, au nom de l’association, l’ANEN, l’association Nationale pour le développement de l’Éducation Nouvelle, les organisateurs de nous avoir accueillis et de nous avoir permis de nous exprimer devant vous. Ce topo que j’avais préparé ne répond pas tout à fait aux directives de Francine Best qu’elle vient de nous présenter. Je vais tâcher cependant de le modifier pour y répondre au mieux.

Adhérents à l’ANEN, nous sommes tous des éducateurs, des praticiens : à l’école (équipe pédagogique) , à la maison (parents) et non des historiens sociologues… Ce congrès que vous avez organisé a donc été d’un plus grand intérêt pour nous et aussi très formateur. Il nous a permis de reconnaître nos racines : il nous a permis de reparler, de repenser des pédagogues, philosophes, mouvements, associations de l’éducation nouvelle. De connaître l’environnement social et politique existant à la création de nos écoles. Etc.

Il nous a permis de nous pencher sur l’histoire de la création de nos écoles . Et pour ce faire nous avons dû fouiller dans nos archives mais aussi interviewer des anciens enseignants, des anciens parents. Tous se sont montrés enthousiastes pour ce travail qui fut pour nous passionnant et moi en particulier, ancien parent d’école : je viens de démarrer la retraite et c’est avec grand plaisir que je participe à l’ANEN pour une meilleure communication de l’association. Ce colloque fut une véritable ouverture pour nous : nous étions 15 participants de l’association, autant de parents que d’enseignants à peu près. Mais des enseignants ont regretté de ne pas pouvoir y participer. Les enseignants de nos écoles travaillent beaucoup. En plus de leur travail ils ont des réunions d’équipe, avec les parents. Je sais que ce ne doit pas être facile, mais ce pourrait-il qu’un tel colloque soit organisé à des moments où les enseignants puissent se libérer ?

Je vais donc maintenant répondre au mieux à une des directives données par Francine Best : Du point de vue de vos associations, donner ce qui compte pour l’avenir de l’éducation nouvelle.

A cela je répondrai, avec un peu d’humour quand même, : l’ANEN ! qu’elle reste en vie ! Pourquoi ? L’ANEN regroupe et soutient à l’heure actuelle 6 écoles réparties sur toute la France , IDF, Lyon, Toulouse. Il y en a eu d’autres, celles qui ont quitté l’ANEN ou des écoles qui ont disparu. Ces écoles actuelles se montrent pérennes : elles ont été crée après guerre . La plus ancienne a 60 ans, l’écoleE.Brant deL evallois.Mon école, celle d’Antony, va fêter l’an prochain ces 50 ans. Nous formons cette année un peu plus de 1000 enfants sur toutes nos écoles . Il faudrait calculer combien de CM2 ont été formés depuis l’après-guerre !

Ces écoles se réclame de l’éducation nouvelle et adhèrent à la charte de l’ANEN « pour une école différente » qui répond aux concepts de l’éducation nouvelle et que je ne détaillerai pas. Elles s’inspirent des différents courants présentés par les pédagogues et philosophe de l’éducation nouvelle, enrichis des différents travaux des psychologues. Les exposés de ce colloque à leur sujet nous ont donc été très informatifs.

Que fait l’ANEN ? Je ne peux parler de tout mais parlerai d’abord de la formation des maîtres en éducation nouvelle indispensable pour la pérennité des écoles. De 69 à 71 il y a eu une expérience de formations d’enseignants en lien avec l’université (convention avec Gilles Ferry). La formation continue y a toujours été importante sous forme de stages pluridisciplinaires ou techniques, à l’extérieur de l’école et sur plusieurs jours (internat) : « vrai formation » dont a parlé hier le CEMEA hier. Ces stages étaient animés par des conseillers pédagogiques comme Mme Sylvia Werheim qui anima de nombreuses cessions de mathématiques et lecture. Elle se déplaçait d’école en école tout au long de l’année. Elle était un lien entre les écoles reparties en France. Sont organisées également des cessions d’échanges de pratiques entre les écoles . Sans oublier que dans chaque école il y a un travail de formation grâce à un important travail d’équipe. Ces équipes existent dans toutes nos écoles . Elles sont indispensables pour l’éducation nouvelle. Ce temps est institutionnalisé par des réunions hebdomadaires et trimestrielles.

Nos écoles font de la recherche. Les enseignants sont des praticiens et chercheurs au sein de leur école. Cette recherche peut être commune entre les écoles. Elle concerne la mise en application d’outils pédagogiques dans les écoles, suivie par l’analyse de leur mise en pratique. De nouvelles pratiques comme la Pédagogie institutionnelle a été mise en place progressivement selon les choix de chaque école. L’école du Chapoly a été la première et leur travail a abouti à la mise en place d’un projet institutionnel sur l’école reconnaissant les différents groupes acteurs de l’école : enfant, équipe et parents . Ainsi définissant les « rôle et place » de chacun, les liens et interactions entre les différents groupes et permettant un meilleur fonctionnement de la communauté éducative.

Nous allons parler maintenant de la coéducation : en effet qui participe à l’ANEN ? : Il a été écrit : « L’ANEN n’est ni une association de techniciens,ni une association de consommateurs : elle rassemble dans un même travail tous ceux qui ont une relation éducative : enseignants , parents , membres du personnel administratif et de service. « Ce fonctionnement reprend l’idée de co-éducation qui est un des concept de l’éducation nouvelle. Equipe pédagogique et parents, tous sont des éducateurs à coté de l’enfant. Les parents interviennent dans les écoles dans la gestion, mais aussi ateliers pédagogiques, classe vertes…. Ils ont soutenu la création de la plupart des écoles. Les échanges des parents avec l’équipe pédagogique vont leur permettre d’intégrer les principes d’éducation nouvelle et de se construire en tant que parents .Il s’agit de « parentalité » Ils seront très partant pour l’adhésion de leur école à l’ANEN : ils soutiennent fortement la formation de maîtres en EN que prendra en charge l’ANEN. Mais aussi , personnellement ils sont intéressés par la vie associative, et le dialogue entre parents des différentes écoles.

Je conclurai ainsi : L’ANEN considère aujourd’hui que l’éducation nouvelle est insuffisamment pratiquée et que toujours trop peu d’enfants en bénéficient. Qu’il y a bien imprégnation des concepts mais qu’ il nous faut travailler davantage pour permettre leur mise en pratique au service de l’éducation publique. Ces notions, concepts sont reconnus , comme « le droit à l’erreur » du rapport de J.Attali au gouvernement, d’octobre 2010. Et, les parents se tournent de plus en plus vers d’autres forme d’éducation autre que traditionnelle. Nos écoles sont pleines et pour la plupart ont des listes d’enfants en attente. Nous continuons à former et à projeter d’autres formations. Mais notre souhait serait que les enseignants soient de plus en plus nombreux à être formés en éducation nouvelle, : qu’ une formation effective et pratique soit mise en place dans leur cursus . Pourrions nous alors réfléchir ensemble à la mise en place de projets dans ce sens ? Par exemple à un partage des pratiques des écoles nouvelles. ?

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